Cavités - mouvements de terrain

 
Effondrement d'une cavités

Contexte territorial

La vallée de la Loire est connue pour ses habitations troglodytes, mais l’Indre-et-Loire renferme également un potentiel de grandes carrières souterraines (Cinq-Mars-la-Pile, Loches, Saint-Avertin…). Ce département est considéré comme particulièrement exposé au risque de mouvements de terrain. Un certain nombre de mouvements de terrain y sont survenus dans un passé plus ou moins récent. Ces sinistres sont essentiellement dus aux effondrements de cavités souterraines, mais sont également liés à la présence de falaises et de parois abruptes (glissements de terrain, chutes de blocs plus ou moins gros).

Si ces mouvements restent ponctuels, ils présentent parfois un danger pour la vie des personnes et peuvent occasionner des préjudices économiques et des dommages très importants. L'actualité récente en est malheureusement une illustration, avec l'effondrement de 500 m³ de roches à Montbazon ayant entrainé l'évacuation de 4 familles, qui s'inscrit dans la lignée d'événements récurrents:

  • Rochecorbon, effondrements de coteau (30 avril 2010, 500 m³ de roches se sont éboulés, 8 logements évacués ; 10 avril 2012, quelque m³ de roches sont tombés proche d’une école...) ;
  • Chinon, le 15 avril 2015 des blocs de pierre pesant jusqu’à 10 tonnes se sont détachés du coteau au pied de la chapelle Sainte-Radegonde ;
  • Véretz, rue Vieille, le 21 déc 2015, le garage d’une habitation a été enseveli suite à l’effondrement d’une partie du coteau (15 m³ de pierres)…
Mosaïque photos glissements de terrain et éboulements

Mouvements de terrain en Indre-et-Loire (Sources: PCS Langeais-Visadrone)

A la suite d'une étude générale des risques réalisée par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) à l'échelle du département d'Indre-et-Loire,  129 communes ont ainsi été identifiées vulnérables aux mouvements de terrain, avec pour plus d’un tiers d’entre elles, un niveau de forte vulnérabilité.

Caractérisation du risque

Divers facteurs, dont l’érosion naturelle des coteaux, les infiltrations d’eau et le développement de la végétation, peuvent engendrer des instabilités au niveau des cavités et des coteaux et provoquer des failles et fissures dans la roche. Ainsi, peuvent survenir des effondrements et affaissements de cavités souterraines, chutes de pierres et écroulements de masses rocheuses, ainsi que des glissements de terrain.

Le risque mouvements de terrain se définit à partir de l'aléa (phénomène physique : effondrements de cavités, éboulements de coteaux...), des enjeux (habitat, agriculture, activités...) et de la vulnérabilité (propension à subir des dommages) de ceux-ci.

Aléa x enjeux = risque

Même s’il est difficile de détecter ces phénomènes et de déterminer le moment où ils vont se déclencher, il est possible de limiter leurs conséquences en prenant des mesures de prévention.

Mesures de prévention

Ces mesures consistent notamment à surveiller les zones sensibles, à prendre en compte le risque dans l’urbanisme (dispositions de constructions particulières) et à réaliser des travaux de prévention (comblement de cavités souterraines…), à informer la population. Des mesures de protection peuvent aussi être prises : drainage du sol, mise en place d’ouvrages d’arrêts des chutes, végétalisation adaptée...

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRNPlan de prévention des risques naturels) est un des moyens les plus pertinents de prise en compte des risques liés aux mouvements de terrain. Il a en effet pour objectifs :

  • d’éviter une aggravation de l’exposition au risque et réduire la vulnérabilité des personnes et des biens ;
  • de maîtriser le développement et l’aménagement des zones exposées aux risques;
  • il contribue de fait à faire connaître les risques encourus et la réglementation qui en découle.

Approuvé, le PPRN vaut servitude d’utilité publique (article L.562-4 du Code de l’Environnement), il doit être annexé aux documents d’urbanisme.

Stratégie départementale de prévention du risque de mouvements de terrain

En Indre-et-Loire, 22 plans d’exposition aux risques naturels (PER) mouvements de terrain (les PER valent Plan de Prévention des Risques) ont été prescrits entre 1985 et 1998. Sept ont été approuvés sur les communes d’Amboise, Vouvray, Rochecorbon, Larçay, Candes St Martin, Cinais et Chinon.

Toutefois, de nombreuses communes du département identifiées par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM) en vulnérabilité forte aux mouvements de terrain ne disposent pas de Plan de Prévention des Risques (PPRPlan de prévention des risques), ni de PER pour ce type de risque.

carte des communes en vulnérabilité forte aux mouvements de terrain disposant ou non d'un PER ou PPRN

carte des communes en vulnérabilité forte aux mouvements de terrain disposant ou non d'un PER ou PPRNPlan de prévention des risques naturels

La Direction Départementale des Territoires d’Indre-et-Loire (DDT 37) a réalisé une étude afin de définir une stratégie départementale de prévention des risques mouvements de terrain pour les communes les plus exposées. L’évaluation du risque mouvements de terrain pour chaque commune a été déterminée en fonction de la qualification de l’aléa et de l’évaluation des enjeux.

Cette analyse a permis de recenser, localiser, caractériser et hiérarchiser le risque, en vue de prescrire et d’élaborer, si nécessaire des plans de Prévention des Risques (PPR).

Dans un souci de cohérence des territoires et de mutualisation des études, il a été décidé de traiter les mouvements de terrain par bassin de risque cohérent. Le bassin regroupant les communes de Langeais, Cinq-Mars-La-Pile et Saint-Etienne-de-Chigny a été défini comme prioritaire pour l’élaboration de PPR mouvement de terrain (vulnérabilité forte, enjeux exposés importants, un PER prescrit sur Langeais, des maires sensibilisés au risque et impliqués).

Cette stratégie départementale a été présentée au pôle interministériel des risques en juin 2019, qui l’a validée.

La mise en œuvre de cette stratégie départementale initiée en 2019 va conduire à l’étude sur 3 ans des phénomènes de mouvement de terrain sur les communes de Langeais, Cinq-Mars-La-Pile et Saint-Etienne-de-Chigny et la prescription des PPR mouvements de terrain courant 2020 sur Langeais et Cinq-Mars-la-Pile.

Un comité de pilotage où siégeront les 3 communes et les EPCI concernés sera constitué, pour faire un point régulier sur l'avancement de la procédure et échanger sur l'état de la connaissance. Une large place sera accordée à la concertation avec la population, dans un objectif d’appropriation du risque.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Géorisques.gouv.fr (lien cliquable).